Rénovation de l'église d'Hermalle
Description: Découvrez la vidéo rétrospective de deux ans de travaux pour la rénovation de l'unique bâtiment classé de la Commune d'Oupeye.
Bref historique du bâtiment
Le premier édifice est très ancien, des documents évoquant la donation d’une paroisse par Pépin de Herstal vers le 7e ou le 8 e siècle. Cet édifice était probablement en bois.
Il faut ensuite attendre 1624 pour trouver trace d’une deuxième église bâtie sur des fondations beaucoup plus anciennes. Orientée perpendiculairement à la Meuse, il s’agissait, selon les dessins d’époque, d’un bâtiment assez massif surmonté d’une haute flèche. Elle contenait déjà un mausolée du XV e siècle en pierre noire et les fonts baptismaux datés du XI – XIIe siècles ainsi que l’autel à colonnes.
La troisième église a été bâtie en 1781-1782 par le Chapitre d’Aix-la-Chapelle. Partiellement construite avec les pierres de la précédente, on y replace le maître-autel de Saint-Georges, l’autel de Sainte-Catherine et le cénotaphe. En 1869, un nouvel orgue à deux claviers et jeux de pédales séparés est installé dans l’église.
Depuis 1972 jusqu’à nos jours, l’Administration communale a pris en charge différents travaux de rénovation.
Depuis le 3 juillet 1984, l’église de Hermalle-sous-Argenteau est classée dans son entièreté comme monument par la Direction de l’Infrastructure et du patrimoine de la Communauté Française de Belgique en raison de sa valeur historique et artistique exceptionnelle. Les services du Patrimoine wallon accompagnent dès lors tout travail de préservation, rénovation et sauvegarde de l’édifice et des pièces à haute valeur historique qui s’y trouvent. Il faut bien réaliser que lorsque l’on parle de totalité, cela va jusqu’à la position des bancs et le carrelage.
Il s’agit d’ailleurs du seul bâtiment public de notre Commune à avoir mérité un classement.
Le patrimoine remarquable de l'église ...
Le maître-autel, dit autel de St Georges. Il est baroque (1719), d’excellente facture : ses sculptures sont probablement de l’Ecole de Jean Delcour, célèbre sculpteur liégeois dont l’influence a dépassé les limites du Pays de Liège. Cet autel provient de l’Eglise St Georges à Liège, d’où son nom.
L’autel de Ste Catherine d’Alexandrie (1ere moitié du XVIIe S) : très rare, un connaisseur dit n’en avoir répertorié que trois dédiés à cette Sainte dont on a représenté le martyre.
L’autel St Nicolas : il est devenu l’autel de la Sainte Vierge et pourtant il était dédié à St Nicolas.
Les fonts baptismaux : c’est la pièce maîtresse de l’église ; ils datent du XI, XIIe S : ils étaient dans la première église d’Hermalle.
Le cénotaphe (1530-1556) : il se trouvait dans le chœur de l’ancienne église. Les gisants représentent Renaud d’Argenteau et son épouse, Marie de Hamal dite de Trazegnies. Les dépouilles ne se trouvent plus à l’intérieur, ce qui n’enlève pas la valeur historique de cette pièce.
Les orgues (1869) de M. Clerinx, facteur d’orgues à St Trond, payées par souscriptions des paroissiens. Elles ont été rénovées en 19714 et sont d’excellente qualité.
Les tableaux : l’église possède deux belles toiles de Mauritius Loder (1728-1793) qui ornaient le chœur, l’Adoration des Bergers et l’Adoration des Mages : elles ont été décrochées lors de la restauration du chœur et mériteraient d’être restaurées. Dans le fond de l’église se trouvent encore l’Annonciation d’Englebert Fisen (1655-1733). Enfin n’oublions pas les boiseries d’époque, témoignage de l’excellence des ébénistes liégeois du XVIIIe S.
Quant aux orfèvres liégeois, ils nous ont donné des objets précieux, tels que ciboires, ostensoirs, reliquaires etc. Et ce jusqu’au XXe siècle.
Un chantier longtemps attendu
Les rénovations extérieures de l’église sont souhaitées depuis plusieurs décennies mais il n’a pas été simple, pour la Commune et les services du Patrimoine de débloquer les coûts nécessaires à ces travaux essentiels mais très importants.
Les autorités communales, régionales et religieuses, ainsi que les fabriciens se souviennent d’ailleurs de l’urgence de faire procéder à des travaux de conservation en 1990. En effet, on constate alors des dégâts d’usure très importants au niveau, entre autres, des charpentes et des corniches.
Avec le précieux concours des services du Patrimoine, la Commune fit installer d’urgence un échafaudage afin d’endiguer la détérioration structurelle du bâtiment jusqu’à la remise en état complète de l’enveloppe de l’édifice. Au fil des années, cet échafaudage s’est lui aussi détérioré, ce qui a rendu les travaux récents essentiels à la préservation du seul bâtiment classé de la Commune d’Oupeye.
De l’élaboration d’un dossier au lancement d’un marché public sans oublier, bien entendu, l’analyse et l’acceptation des travaux et du financement par la Région wallonne, nous arrivons ainsi en avril 2022 pour le coup d’envoi, historique pour chacun d’entre nous, de ce grand chantier de rénovation. Principalement orienté sur la restauration extérieure (toitures, corniches et murs), ce chantier a également intégré la réalisation de sanitaires et quelques rénovations plus spécifiques au niveau des charpentes, de l’horloge ainsi que la Croix et du coq qui surplombent l’édifice.
De nouveaux éléments en cours de chantier
Peu avant l’été 2022, les autorités communales et le Patrimoine ont été contraints de gérer une situation imprévue et inhabituelle. En accord avec le Département de la Nature et des Forêts, il a en effet été décidé de l’arrêt momentané des travaux après la découverte, dans l’édifice, de la présence d’un couple de faucons pèlerins, de choucas et de chauves-souris, ces différentes espèces ayant élus domicile dans la tour et les greniers.
Au printemps 2023, les travaux de l’église sont de nouveau revenus sur le devant de la scène avec une étape rare et émouvante pour l’entreprise, les autorités et les citoyens. Il a en effet été décidé d’enlever et de faire restaurer l’horloge, le coq et la croix du clocher.
Après plusieurs semaines de travail, au mois de juin 2023, les spectaculaires travaux de remise en place de la croix, de l’horloge et du coq de l’église de Hermalle-sous-Argenteau ont été effectués. Comme pour l’étape d’enlèvement, cette remise en place a été effectuée avec l’aide une grue de très grande taille permettant de ramener ces trois pièces à leur place respective sur le clocher.
Avec la rénovation des petites toitures à l’avant, les finitions dont la porte d’entrée, les travaux se sont achevés en ce printemps 2024, ce qui va permettre de rendre l’édifice aux différents utilisateurs. A ce niveau, la Fabrique d’église de Hermalle-sous-Argenteau ouvrira les portes au public le weekend prochain, les 22 et 23 juin de 14 à 18 heures afin d’expliquer et de montrer les travaux réalisés et, bien entendu, les pièces maîtresses de l’édifice.
Rappel des différents travaux effectués qui ont essentiellement porté sur la rénovation de l'enveloppe extérieure :
- après un nettoyage général, renforcement minutieux et complet de la charpente (les nombreuses pièces de bois dégradées ont été soit remplacées soit réparées au moyen de résine, les assemblages entre pièces rétablis, etc.)
- renouvellement complet de la couverture en ardoises naturelles (clocher, nef et annexes) et des zingueries,
- réhabilitation des croix (celles du clocher et celle à l'aplomb du choeur)
- restauration du coq (obturation des trous de projectiles, re-dorure à la feuille d'or, ...),
- après diverses interventions en recherche pour assainir les maçonneries (certaines zones instables ou à combler, fissures à obturer, ... ), ravalement complet des parements extérieurs de la nef et des annexes (briques et pierres de taille); ceux du clocher en moellons (l'altération de la surface des moellons a nécessité un peignage général des surfaces en élévation de façon à éliminer les parties instables; remplacement des éléments trop dégradés),
- remplacement des verrières de protection des vitraux et de la majorité des menuiseries extérieures y compris la mise en peinture,
- dépose du filet intérieur installé en son temps pour récolter les éventuelles chutes d'enduit de la voûte, contrôle général de son état sanitaire et sécurisation de l'ensemble de celle-ci par mise en oeuvre de moyens mécaniques pour fixer les parties instables,
- mise en conformité de l'installation électrique dans le clocher laquelle s'est avérée en cours de travaux, particulièrement vétuste et dangereuse, éclairage intérieur des combles et du clocher,
- adaptation et sécurisation des moyens d'accès aux combles,
- installation de sanitaires dans la perspective de favoriser les utilisations alternatives de l'édifice. Cette partie des travaux a nécessité l'installation d'un réseau d'égout complet (nouveau côté "village" et le remplacement, côté "Meuse" des canalisations délabrées) et un raccordement à l'égouttage public).
Un budget initial bien impacté par les révisions des prix !
Lors du lancement du marché, la commande pour l'ensemble des travaux s'élevait alors à plus de 930.000 € hors TVA et révision.
Le coût des travaux réalisés s'élève à plus 1.200.000 € hors TVA et révision compte tenu des imprévus de chantier et des travaux supplémentaires décidés en cours de celui-ci. La révision, en raison des circonstances économiques de ces dernières années, dont les fortes augmentations des prix, représente un surcoût de l'ordre de 30% !
Avec la TVA de 21 %, le décompte final, révision et TVA comprises, atteint la somme de 1.850.000 € réparti comme suit : 1.100.000 € pour la Commune d’Oupeye, 700.000 € de subsides de la Région wallonne (Awap) et 43.000 euros de subside provincial.